Journal introverti

L'impossible et pitoyable aveu

S, la maman de mes enfants, m’a quittée un 1er juillet.
Son agonie aura duré 24 heures.
Même si sa leucémie prenait une forme redoutable, les soins devaient lui permettre de gagner au moins quelques années de vie.
C’était sans compter sur un germe hospitalier contracté en chambre stérile !
Ma dernière visite a eu lieu le soir de son départ pour l’infini...
Dans la salle où elle se trouvait je me suis retrouvé impuissant, désemparé, détruit par la redoutable réalité de la vie.
Allongée et nue sur un lit, plongée dans un coma sans retour, mon regard ne pouvait se détacher des filets de sang sortant de sa bouche… des traces d’injections pratiquées directement dans le muscle cardiaque.
Lui tenir la main n’avait même plus la vertu d’apporter un peu de chaleur, avez-vous déjà tenu la main de quelqu’un avec un gant en latex?
Alors j’ai voulu lui dire quelques mots.. que lui dire, dans ce coma profond et sans retour dans lequel elle était plongée depuis le matin?
- que j’allais arrêter de consommer de l’alcool, alors que je savais au fond de moi que je n’y arriverais pas ?
- lui avouer mes… huit adultères… ?? ?
Un aveu pareil m’a traversé l’esprit, je suis resté avec ces terribles trahisons. Je me suis trouvé lamentable.
Je lui ai simplement dit : "Reviens à la maison, on a besoin de toi".
Ultime espoir.